DEPECHE

A Lomé, on se méfie des grosses coupures CFA "modèle 1992"

Le 10 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

LOME, 10 oct (AFP) - 9h34 - Les commerçants de la capitale togolaise, Lomé, se méfient des grosses coupures de 10.000 et 5.000 francs CFA "modèle 1992", en cours de démonétisation, qu’ils refusent massivement en estimant qu’elles pourraient être contrefaites ou provenir de "casses" de banques ivoiriennes dont les séries sont répertoriées.
Dans les marchés de Lomé, la plupart des commerçants ne les acceptent plus de peur de ne pouvoir les changer dans les banques, voire d’être considérés comme complices ou receleurs.

"Je ne prends plus les anciennes coupures de 10.000 et 5.000, notamment celles de la série A, car ces billets sont rejetés partout dans la ville, surtout au marché. Nous ne comprenons rien et personne ne nous donne d’explications", se lamente devant ses clients, Viviane, vendeuse de tissus à Assiganmè, le grand marché de Lomé.

"J’espère que vous n’avez pas n’avez pas les anciens billets surtout les coupures de 5.000. Ce sont des billets qui nous créent des ennuis depuis quelques jours", renchérit un vendeur de journaux.

"Les gens disent que les billets série A sont des billets volés dans les banques en Côte d’Ivoire et que les détenteurs sont arrêtés et jetés en prison", ajoute ce vendeur ambulant.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) a lancé le 15 septembre une vaste opération de change de ces coupures dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

Cette opération, qui concerne 50% de la masse monétaire de l’UEMOA, a, en particulier pour objectif de "faire échec aux tentatives de blanchiment" et à casser un réseau de fausse monnaie sévissant notamment en Europe. Cette opération s’achève le 31 décembre.

En septembre 2003 et août 2004, les succursales de la BCEAO de Bouaké et Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire sous contrôle rebelle, avaient été pillées, et plusieurs milliards de francs CFA (des millions d’euros) avaient disparus, selon des sources bancaires.

Comme les commerçants d’Assiganmè, ceux des autres marchés de la capitale togolaise se méfient terriblement de ces billets. Quand on leur présente de telles coupures, ils les examinent minutieusement. Ceux qui ne savent pas lire se font aider par leurs collègues.

"Je n’aime plus voir ces billets. Je préviens d’abord le client avant de le servir. Quelles que soient les explications données, je les rejette", affirme, sans ambages, Patouani, vendeuse de "foufou" (igname pilé), au marché de Hedzranawoé.

Dans des supermarchés, pharmacies, ou autres commerces utilisant ces grosses coupures, les "modèles 1992" sont également refusés, a encore constaté l’AFP.

"Nous ne savons pas pourquoi tout le monde se focalise sur les billets de la série A. Tous les anciens billets de type 1992 sont échangeables. Les banques aussi ne devraient pas trier, dans les versements des clients, certaines catégories de billets", a tenté d’expliquer, mais en vain, à la télévision nationale un responsable de la BCEAO à Lomé.

A l’instar des commerçants, des banques locales n’hésitent plus désormais à renvoyer les clients à la Banque centrale, en refusant le change.

Cette attitude a eu pour effet de provoquer des files impressionnantes devant les guichets de la BCEAO.

© 2004 AFP

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