DEPECHE

20 morts et de 150 de blessés lundi en Guinée

Le 22 janvier 2007, publié sur ufctogo.com

CONAKRY (REUTERS) - Les affrontements entre les forces de l’ordre et des partisans de la grève générale ont fait plus de 20 morts et de 150 de blessés lundi en Guinée, a-t-on appris de source autorisée.

Un médecin de l’hôpital Donka de Conakry a dit que 17 personnes avaient été tuées par balles dans la capitale et un haut responsable a déclaré que six autres personnes avaient été tuées à Kankan et Siguiri, dans le nord-est du pays.

"Je n’ai jamais vu une telle situation depuis que suis médecin. La majorité semble avoir été victime de tirs directs", a-t-il déclaré sous le couvert de l’anonymat, alors que des coups de feu continuaient à retentir.

Les premiers avaient éclaté lorsque des partisans de la grève générale observée depuis le 10 janvier pour obtenir le départ du général-président Lansana Conté tentaient de gagner le centre de la capitale.

Selon des témoins, les forces de l’ordre en tenue anti-émeute ont bouclé le centre-ville pour s’opposer aux marcheurs, qui scandaient notamment "Nous voulons un changement".

Les forces de sécurité ont pris position sur le pont de l’autoroute du 8-Novembre, qui traverse l’extrémité de la péninsule où se trouve le centre-ville.

D’après une source proche des forces de sécurité, des soldats d’élite, dont des bérets rouges de la garde présidentielle, ont tiré en l’air pour disperser la foule. "Nous avons réussi à les disperser", a-t-on ajouté de même source.

Si la plupart des victimes semblent avoir été touchées lorsque les forces de l’ordre ont ouvert le feu pour disperser la foule, des témoins affirment que deux personnes ont été tuées par des policiers qui ont tiré sur un groupe qui s’apprêtait à piller une boutique du quartier de Madina.

LA FILIERE BAUXITE PARALYSEE

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu s’est dit préoccupé par ce qu’il a qualifié d’usage excessif de la force, invitant le gouvernement à faire preuve d’un "maximum de retenue", et a souhaité que la crise soit résolue par le dialogue.

Les manifestations, qui avaient fait huit morts dans tout le pays avant les heurts de lundi à Conakry, s’inscrivent dans le cadre d’une grève générale pour obtenir le départ du chef de l’Etat, malade.

Ce dernier, au pouvoir depuis le coup d’Etat militaire de 1984, a fait quelques concessions aux syndicalistes, qui jugent ces gestes insuffisants. Dimanche, il a invité l’armée à s’unir derrière lui.

Ces derniers jours, Conté a déserté sa résidence habituelle pour habiter dans l’enceinte du camp militaire Samory Touré, dans le centre de Conakry.

La grève générale, la troisième en un an, a par ailleurs interrompu l’acheminement du minerai de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), gérée par le géant américain Alcoa Inc. via sa coentreprise Halco avec le Canadien Alcan et Dadco. Halco possède 51% du capital de la CBG, le reste étant la propriété de l’Etat guinéen.

La Guinée possède 30% des réserves mondiales de bauxite, principal un minerai de l’aluminium, dont elle est le premier exportateur mondial.

Dans un premier temps, les dirigeants de la CBG en Guinée avaient affirmé que les opérations d’enlèvement au port pourraient se prolonger pendant environ une semaine grâce aux stocks de sécurité.

Mais Alcoa a reconnu lundi que les opérations de chargement étaient au point mort depuis que les ouvriers ont arrêté le travail il y a trois ou quatre jours. Ce débrayage a entraîné la suspension des opérations d’extraction, de transport par le rail et de chargement du minerai au port de Conakry.

La CBG produit un peu plus de 14 millions de tonnes de bauxite par an provenant de sa mine de la région de Boké, dans le nord-ouest du pays. Elle exporte 13 millions de tonnes de minerai asséché, ce qui est fait le premier exportateur de bauxite de la planète.

Reuters

Dépêches suivantes

Dépêches précédentes

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
24 avril 2017
Lomé 30°C (à 22h)